Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, a déclaré ce matin que les élections européennes pourraient être annulées si les ingérences russes dépassaient un seuil critique. Une décision inspirée par la Roumanie, où le scrutin de 2020 avait été invalidé pour des soupçons de manipulation. Parallèlement, il pousse le Digital Services Act (DSA) pour censurer les critiques contre Elon Musk, accusé de relayer des « narratifs toxiques » en provenance de Moscou.
Thierry Breton menace d'annuler les élections européennes en cas d'ingérences russes, comme en Roumanie en 2020, et cible Elon Musk via le DSA pour censure.
Voilà donc l’Union européenne transformée en arbitre des élections par décrets improvisés : on brandit une annulation roumaine de 2024 comme un épouvantail, alors que le vrai pouvoir de Breton se limite à envoyer des clips de démenti où il invente une date pour mieux recadrer. Le fait est là : la Roumanie a bien annulé un scrutin pour ingérence russe, mais personne à Bruxelles n’a le pouvoir d’effacer les résultats des urnes européennes d’un claquement de doigts. Quant à Musk, il est visé par le DSA pour des « narratifs toxiques » – une formule assez large pour y glisser tout ce qui dérange, y compris les critiques contre la Commission elle-même.
Le tour de passe-passe est classique : on prend un vrai précédent (la Roumanie), on l’associe à une menace spectaculaire (l’annulation des européennes), et on ajoute une pincée de censure ciblée (Musk) pour faire passer la pilule. Le problème, c’est que la pilule a un goût de déjà-vu. Le DSA, présenté comme un bouclier contre la désinformation, sert aussi à museler les voix discordantes – celles qui pointent du doigt les contradictions de l’UE, comme cette obsession à vouloir réguler les réseaux tout en se réservant le droit d’annuler des élections si le résultat ne plaît pas. La Roumanie, elle, a au moins eu la décence de le faire dans les règles : un tribunal, une enquête, une décision publique. À Bruxelles, on préfère les clips flous et les menaces indirectes, comme si la démocratie européenne était trop fragile pour supporter un débat transparent.
Ce matin, dans un café bruxellois, un fonctionnaire européen a commandé un double espresso en regardant son fil X. Un tweet annonçait que Musk allait être banni de l’UE d’ici 2025. Le fonctionnaire a souri, puis a fermé l’onglet. « On a déjà assez de dossiers à régler sans ça », a-t-il murmuré en rangeant son téléphone. Dehors, un manifestant brandissait une pancarte : « DSA = Dictature des Services Autorisés ».
— Géraldine Petit
Sources : Musk est d’accord avec le message inexact du député européen sur le pouvoir de l’UE d’annuler les résultats des élections



