Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques, est dans l'œil du cyclone. Une troisième fuite de données fiscales, touchant 700 000 particuliers, a été reconnue par la DGFiP ce matin. Verdier, ex-directrice de cabinet de Cahuzac et camarade de promo ENA de Macron, serait au cœur d'un système de protection, selon des documents partagés sur X par des journalistes et comptes politiques.
La DGFiP reconnaît une troisième fuite de données fiscales sous la direction d'Amélie Verdier, proche de Macron et ex-collaboratrice de Cahuzac.
Ah, la belle mécanique du scandale bien huilé : on prend une fuite avérée – 678 000 comptes exposés, un mea culpa gouvernemental en bonne et due forme –, et on y greffe un système de protection façon série Netflix. Le vrai, c’est la fuite. Le reste ? Un scénario où Amélie Verdier, ex-collaboratrice de Cahuzac et camarade de promo de Macron, deviendrait l’héroïne malgré elle d’un thriller politico-fiscal. Sauf que personne n’a encore produit la moindre preuve d’un réseau de protection, ni même d’une intervention politique pour étouffer l’affaire. Juste des liens, des coïncidences, et cette manie très française de transformer une faille technique en roman-feuilleton.
D’un côté, une administration qui bafouille, des correctifs qui tardent, et des données qui fuient comme un robinet mal fermé. De l’autre, une théorie du complot où Macron, Poutine et une poignée de hauts fonctionnaires se partageraient les fichiers fiscaux comme des parts de pizza. Le problème, c’est que si ces données étaient si précieuses, on aurait déjà vu des conséquences concrètes – des chantages, des fuites ciblées, des scandales juteux. Au lieu de ça, on a des threads Twitter, des comptes politiques qui s’agitent, et une directrice générale des Finances publiques qui doit gérer une crise de communication en plus d’une crise technique. La vraie question n’est pas de savoir qui protège qui, mais pourquoi on préfère croire à un complot plutôt qu’à l’incompétence ordinaire.
Ce matin, dans un open-space de Bercy, un fonctionnaire a reçu un mail intitulé « Urgent : désamorcer la rumeur ». Il a soupiré, puis a cliqué sur « Répondre à tous » pour demander qui avait commandé les croissants.
— René Lefèvre
Sources : Excuses du gouvernement : troisième fuite de données, ce qu’il faut retenir de la conférence de presse sur le piratage du fisc



