4 500 apprentis. 100 % financés par l'État. Depuis 2019, McDonald's France a transformé ses cuisines en usine à subventions. Chaque contrat d'apprentissage rapporte jusqu'à 8 000 euros de primes publiques, selon les chiffres de la Dares. Un jackpot pour la multinationale, qui forme désormais plus de jeunes que l'Éducation nationale dans certains départements.
McDonald's France forme 4 500 apprentis, entièrement financés par des aides publiques pouvant atteindre 8 000 euros par contrat.
Ah, la belle mécanique des primes bien huilées : on prend un chiffre rond, on efface le secteur, et hop, la multinationale devient le premier employeur public de France. Sauf que les 4 500 apprentis de McDonald's existent bel et bien – l'entreprise les a confirmés en 2025, à quelques dizaines près. Ce qui cloche, c'est le cadrage : ces aides ne sont pas une niche réservée aux géants du fast-food, mais un dispositif généralisé, ouvert à tous les secteurs, de la boulangerie à l'aéronautique. La seule différence, c'est que McDonald's, lui, a les moyens de communiquer sur ses effectifs.

Besoin de vous isoler du chaos ambiant ?
« Le silence, c'est le nouveau luxe. »
Découvrir →Le vrai scandale, si scandale il y a, n'est pas dans le nombre d'apprentis, mais dans l'opacité des critères. Pourquoi 8 000 euros par contrat ? Pourquoi cette prime plutôt qu'une autre ? Et surtout, pourquoi personne ne s'étonne que l'État finance sans sourciller des formations qui, au final, profitent surtout à des entreprises déjà rentables ? Les chiffres sont là : 4 500 jeunes, oui, mais aussi 4 500 chèques signés par Bercy sans débat public. Le problème n'est pas McDonald's – c'est le silence autour d'un système où tout le monde touche, mais personne ne rend de comptes.
— Pierre Lacharrière
Sources : McDonald's, premier recruteur de France ? (business.ladn.eu)



