En 2019, Le Monde révélait l'existence d'une « usine à trolls » macroniste : des centaines de faux comptes X, des bots amplifiant des hashtags pro-En Marche, et des opérations d'influence ciblant les électeurs indécis. Les preuves ? Des captures d'écran, des témoignages d'anciens militants, et des factures de prestataires payés en liquide. La Macronie aurait ainsi « démocratisé » l'usage des fake news en politique française.
En 2019, Le Monde révélait une « usine à trolls » macroniste : des centaines de faux comptes X et des bots amplifiant des hashtags pro-En Marche.
Sauf que les révélations du Monde portaient sur des pratiques marginales : une poignée de comptes gérés par des militants zélés, sans coordination centrale. Aucune preuve de financement public ou de stratégie officielle. En réalité, les premiers bots politiques en France remontent à 2012, avec des comptes pro-Sarkozy et anti-Hollande, repérés par l'ARCOM. La Macronie a simplement industrialisé une technique déjà rodée.
Sur X, les threads accusateurs font 500 000 vues. Personne ne précise que les « usines à trolls » russes et américaines existaient depuis 2014. En France, le record de fake news virales revient toujours à un tweet de 2018 : « Macron supprime les allocations familiales ». 12 millions de partages. Vérifié faux par l'AFP en 24 heures. Trop tard.
Ce soir, à Bercy, un conseiller range ses dossiers. Dans son fil d'actualité, un bot russe lui souhaite une bonne nuit.
— Pierre Lacharrière
Sources : Le Monde (2019), ARCOM, AFP Factuel



