À Kilifi, sur la côte kényane, les pelleteuses américaines ont débarqué en pleine nuit. Objectif : ériger un centre de quarantaine ultra-sécurisé pour les ressortissants US touchés par Ebola. Coût estimé : 12 millions de dollars. Les habitants, eux, ont manifesté à coups de pierres et de pneus enflammés devant les bulldozers. La police kényane a riposté avec des gaz lacrymogènes.
À Kilifi, un centre de quarantaine à 12 millions de dollars est construit en urgence pour les ressortissants américains atteints d'Ebola.
Sauf que le Kenya n'a enregistré aucun cas d'Ebola depuis 2019. Le dernier foyer en Afrique de l'Est remonte à 2022 en Ouganda, à 1 200 km de là. Le centre, lui, est bien réel : financé par le département d'État américain, il disposera de 50 lits, d'un laboratoire P4 et d'une piste d'atterrissage privée. Les locaux, eux, n'auront pas accès aux soins.
Sur place, les manifestants brandissent des pancartes : « On meurt du paludisme, pas d'Ebola ». Les autorités kényanes, elles, parlent de « partenariat sanitaire ». Le contrat, signé en catimini, prévoit une immunité totale pour le personnel américain.
Ce matin, un employé de l'ambassade US à Nairobi a commandé un café latte à emporter. À Kilifi, un infirmier du dispensaire local compte ses gants en latex troués.
— Pierre Lacharrière
Sources : OMS, ministère kényan de la Santé, contrat public US-Kenya (déclassifié par The Intercept)



