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Vendredi 20 mars 2026
Éducation des garçons : l’État active le plan Vigipenis
Déclin Sociétal

Éducation des garçons : l’État active le plan Vigipenis

Par Jacques Cafard 3 min de lecture

Le pays vacille : Bruno Solo a rappelé, avec des mots d’une simplicité insupportable, qu’impliquer les garçons dans la lutte contre les violences sexuelles et les discours masculinistes pourrait être une bonne idée. Dans une France qui se respecte, on aurait préféré une solution plus traditionnelle, comme un comité, un logo, ou une minute de silence devant un tableau Excel.

Selon nos informations exclusives (recueillies dans une cuisine un mardi soir), des parents ont immédiatement été pris de panique à l’idée qu’il faille désormais éduquer en plus de nourrir, habiller et retrouver les baskets perdues. « On nous demande déjà de signer le cahier de liaison, maintenant il faudrait expliquer la notion de consentement ? », s’alarme Jean-Marc, père de deux garçons et détenteur du record régional de soupirs prolongés.

« Si on commence à apprendre aux garçons à se remettre en question, où va-t-on s’arrêter ? À dire pardon ? » — Sandrine, chroniqueuse auto-proclamée en “bon sens parental”

La situation est jugée suffisamment grave pour que l’Éducation nationale envisage, d’après une note interne que nous avons totalement inventée, un nouveau dispositif : le “Parcours Respect”, comprenant trois modules obligatoires — “Écouter sans interrompre”, “Comprendre que non veut dire non” et “Ranger la vaisselle sans demander une médaille”. D’après un sondage Toluna-Institut du Déclin réalisé sur un échantillon de 12 personnes et un labrador, 78% des Français estiment que “c’était quand même plus simple quand on disait juste aux garçons d’être des hommes”.

Dans les salles des profs, la panique s’organise. « On a déjà eu les évaluations, le harcèlement, le numérique, l’orientation, l’écologie, et maintenant on doit aussi déconstruire des vidéos vues à 2h du matin sur des algorithmes en colère », confie Nadia, CPE, qui réclame la création d’un ministère de l’Anti-Malaise avec un budget en tisane et en post-its. Pendant ce temps, une start-up a flairé l’urgence nationale : Masculin'Easy, une application qui envoie des notifications du type “Respire” et “Demander son avis n’est pas une attaque personnelle”.

Le gouvernement, pris de court, envisagerait une mesure de compromis typiquement française : une grande conférence citoyenne sur l’éducation des garçons, suivie d’une loi de programmation, suivie d’un rapport, suivie d’un autre rapport expliquant pourquoi le premier rapport n’a pas été lu. Et pendant que le pays débat, un danger plus vaste se profile : si les garçons apprennent vraiment à respecter, la France risque de perdre son dernier avantage compétitif mondial — l’art ancestral de bougonner sans jamais se remettre en question.

Jacques Cafard

Jacques Cafard

Photographe de l'abandon

Maître inconteste de la photo en noir et blanc déprimante, Jacques capture l'essence même de la désolation urbaine. Ses clichés de parkings vides le dimanche après-midi ont fait pleurer des générations. Lauréat du World Press Photo catégorie « Mélancolie architecturale », il réfléchit actuellement à une série sur les salles de réunions Teams désertées.

Source : Ces mots de Bruno Solo sur l’éducation des garçons vont parler à beaucoup de parents