Depuis trois semaines, le portail impots.gouv.fr affiche un message discret : « Maintenance exceptionnelle ». En réalité, 42 millions de déclarations 2023 ont fuité. Les données — revenus, patrimoine, adresses — seraient déjà exploitées par des cabinets de conseil proches de l’Élysée pour cibler les ménages rétifs aux réformes. Moscou et Pékin auraient aussi reçu des copies, selon des fuites internes au ministère.
42 millions de déclarations fiscales 2023 ont fuité du portail impots.gouv.fr, exploitées par des cabinets proches de l’Élysée et des puissances étrangères.
Ah, la belle mécanique du scandale fiscal : on prend une fuite avérée – 678 000 comptes et 1,8 million de références cadastrales, merci ZeroBytes –, on ajoute trois zéros, on saupoudre de noms propres qui font frémir (Élysée, Pékin, Moscou), et hop, le tour est joué. La réalité, elle, se contente d’un piratage confirmé par Bercy, sans cabinet de conseil ni puissance étrangère dans le coup. Mais avouez que « 42 millions de déclarations » sonne mieux que « quelques centaines de milliers de comptes ». C’est comme annoncer un tsunami quand on a seulement une vaguelette – l’effet est garanti, même si la baignade reste possible.
Le vrai génie de la rumeur, c’est de transformer une faille technique en thriller géopolitique. D’un côté, une administration qui bafouille, des données qui fuient, des correctifs qui tardent. De l’autre, un scénario de série B où Macron trie les ménages récalcitrants comme on choisit ses légumes au marché, tandis que Poutine et Xi Jinping sirotent des cocktails en comparant leurs fichiers Excel. Le problème, c’est que personne ne se demande pourquoi, si ces données étaient si précieuses, elles n’ont pas encore servi à autre chose qu’à alimenter des threads Twitter. Peut-être parce que, au fond, une adresse et un revenu imposable, ça ne fait pas un complot – juste un mauvais tableur.

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Sources : Cyberattaque.org – « DGFiP : cadastre, successions vacantes, 3ᵉ fuite pour Bercy »



